ISSN 2269-5141

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Le langage : signe, signification, objet

mardi 22 mars 2011

Questions transversales entre philosophie médiévale,
phénoménologie descriptive et théorie de l’objet

28 mars 2011

Université Lille 3

10h00, Maison de la Recherche, salle 008

Journée d’études organisée par
Département de Philosophie
Info : veronique.decaix@gmail.com

Le langage : signe, signification, objet.
Questions transversales entre philosophie médiévale,
phénoménologie descriptive et théorie de l’objet

Les points de contacts entre la philosophie médiévale et la philosophie dite « autrichienne » – i.e. la tradition issue de Bolzano et Brentano qui
culmine dans la phénoménologie husserlienne et dans la théorie de l’objet de Meinong – sont à la fois nombreux et peu étudiés. Deux facteurs
fondamentaux sont à prendre en considération pour expliquer ce double constat : d’une part, les protagonistes de cette tradition, souvent formés au
sein de filières remontant directement à la scolastique tardive, assoient le renouveau de la philosophie post-idéaliste sur des bases éminemment
aristotéliciennes ; de l’autre, guidée par le besoin légitime de mettre à jour ses propres racines, l’historiographie contemporaine s’est concentrée sur
la postérité de la tradition brentanienne plutôt que sur ses sources antiques et médiévales. La présente journée d’étude se propose de dégager sept
lieux de convergence remarquable entre traditions médiévale et autrichienne en utilisant la question du langage en tant que fil conducteur.

Séance du matin

Modérateur : Jean Celeyrette (Lille 3/STL)
10h00-11h00 ALAIN DE LIBERA (EPHESS / Genève)
Inexistence et inhabitation : les racines médiévales de l’intentionnalité

11h00-12h00 IRENE ROSIER-CATACH (CNRS / EPHESS)
La sémantique intentionnelle de Roger Bacon et son héritage
Roger Bacon place l’intention de signifier du locuteur au coeur de sa sémantique : ce n’est pas le signe qui signifie, c’est le locuteur
qui signifie au moyen des signes. Il reprend, par le biais de la théologie sacramentelle, la notion augustinienne de « signe »
(signum), en lisant dans sa définition une double relation : (1) relation du signe à ce qu’il signifie, (2) relation du signe à celui
pour qui il signifie. La seconde relation conditionne la première : c’est le locuteur ou l’interprète qui détermine le signifié du
signe. Indépendamment de l’imposition première, conventionnelle, le locuteur (ou l’interprète) est libre de déterminer le signifié
du signe, et le fait tacitement dès qu’il prend la parole, en « réimposant » celui-ci. Contrairement à l’analyse dominante
dans la logique terministe, il n’analyse pas les variations référentielles d’un terme en fonction de son contexte en termes d’ « 
univocité » mais d’ « équivocité ». On explorera ici différentes facettes de cette conception dynamique de la signification :
l’analyse du sens figuré, de la restriction contextuelle, des syncatégorèmes. On essayera également de mesurer les rapports
entre la sémantique intensionnelle de Bacon et des auteurs du 20ème siècle que l’on peut rattacher — directement ou indirectement
— à la tradition autrichiennene, tels que Marty, Reinach, Searle ou Grice.

12h00-13h00 CLAUDIO MAJOLINO (Lille 3/ STL)
Sémiotique husserlienne/sémiotique médiévale : une cartographie imparfaite
Au début de la 1ère Recherche logique Husserl introduit une distinction entre deux sens irréductibles du mot « signe » (indice et
expression) sur laquelle il reviendra environ douze ans plus tard dans la révision de la 6ème Recherche. En dépit des apparences
une telle distinction est plutôt insolite, autant dans le contexte — brentanien et, plus généralement, autrichien — de l’époque
(Bolzano, Martinak, Meinong, Gatschenberger, Marty) que vis-à-vis de nombre de classifications médiévales des signes qui
pourtant lui sont très proches (Bacon, Ps. Kilwardby, Ockham). Nous essayerons d’interroger la spécificité de ce geste
husserlien en en mesurant la portée philosophique ainsi que sa signification au sein du projet général de la phénoménologie.

13h00 Pause midi

Séance de l’après-midi

Modérateur : Shahid Rahmann (Lille 3/STL)

14h30-15h30 LAURENT CESALLI (Genève)

Signifiés propositionnels et états de choses
Les deux âges d’or de la philosophie du langage que sont la période scolastique (12e-14e siècle) et la philosophie austroallemande
de tradition bolzano-brentanienne de la fin du 19e et du début du 20e siècle ont en commun d’avoir produit des
théories des états de choses. Il s’agissait dans les deux cas d’identifier des entités corrélant de manière spécifique des actes de
jugement. Mon intervention prendra comme point de départ l’usage que fait Anton Marty de l’adage médiéval voces significant
res mediantibus conceptibus dans le cas des énoncés (Aussagen) et des jugements qu’ils expriment. Je comparerai ensuite la position
de Marty avec celles d’autres brentaniens (Brentano lui-même, Stumpf, Reinach), mais aussi avec certains penseurs médiévaux
(Abélard, Burley, Wyclif).

15h30-16h30 VÉRONIQUE DECAIX (CESR de Tours, Lille III)
Ambiguïtés du corrélat de l’acte intellectif chez Dietrich de Freiberg et Meinong
La noétique de Dietrich de Freiberg confère à l’intellect humain le pouvoir, dans une certaine mesure, de catégoriser ou de
logiciser le réel. Cette conférence se propose d’étudier le statut et la position instable de l’objet dans le cadastre de l’être entre
les choses et les concepts qu’il englobe et surplombe à la fois. Afin d’expliquer cette superposition, nous convoquerons les
analyses de Meinong sur objets d’ordre supérieurs nous permettant ainsi d’interroger en retour l’acte de constitution du
nombre, du temps et de la relation chez le maître saxon en termes de production et de fondation.

16h30-17h30 RUEDI IMBACH (Paris IV)
La vérité comme adaequatio : Thomas d’Aquin et Anton Marty
On sait que Thomas d’Aquin définit la vérité comme adaequatio intellectus et rei, une formule qui va s’imposer comme le standard
médiéval en la matière. Lecteur attentif non seulement de Brentano, mais également de Thomas, Anton Marty revisite
cette définition et en donne une version remarquable : veritas est adaequatio cogitantis et cogitati. Dans cette intervention, on
dégagera la signification de l’adage thomasien avant de considérer sa réception critique chez Marty.

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